Interview Animateur de groupe d’entraide pour personnes en deuil

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animateur groupe entraide personnes en deuilInterview de Dorothée, 40 ans, animatrice depuis cinq ans dans l’association Naître et Vivre, spécialisée dans le deuil suite à la mort subite du nourrisson.
 

Qu’est-ce qui vous a conduit à exercer ce métier ?
Tout simplement parce que j’ai perdu un bébé suite à une mort subite du nourrisson. Comme il s’agit d’un phénomène que la médecine ne peut expliquer mais que l’on peut prévenir, je trouvais qu’il était important d’informer les parents afin de leur éviter un tel chagrin.
 

Par quelle voie y êtes-vous parvenue ?
Je me suis tournée vers Naître et Vivre car c’est la seule association spécialisée dans la mort subite du nourrisson et qu’elle met particulièrement l’accent sur l’information aux parents. J’ai donc commencé par suivre une psychothérapie car, pour être animateur de groupe d’entraide, il faut que son propre deuil soit fait. Ensuite j’ai été observatrice dans un groupe de parole pendant deux ans. C’est à la suite de ces deux années d’observation qu’on m’a permis d’animer à mon tour un groupe de parole ; mais toujours sous la supervision d’un psychanalyste avec lequel nous échangeons très régulièrement.
• Quelles satisfactions en retirez-vous ?
Je trouve qu’aider les parents de cette façon est un excellent moyen de communiquer sa propre expérience.
 
• Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un voulant devenir animateur de groupe d’entraide pour personnes en deuil ?
Il faut savoir être le plus neutre possible, avoir fait son deuil si on est une personne touchée par la mort de son enfant, on doit être en paix avec soi-même. Ensuite, il faut être capable de ne pas trop parler de soi lors des échanges, ce qui n’est pas toujours facile. Et enfin il faut savoir écouter, faire preuve de bienveillance, de disponibilité et d’une bonne capacité d’adaptation : ce sont les clefs d’une bonne entraide.